Caroline Crespin / Etranges Rencontres. Le travail de Caroline Crespin s’apparente au journal intime, sans qu’aucun des documents ne soient ni datés ni commentés, elle archive son quotidien et ses voyages par des gestes photographiques qu’elle classe et conserve telle une mythologie personnelle dans laquelle elle se réfugiera , à un autre moment, en y ajoutant un autre geste créateur. Ses encres et ses aquarelles , inspirées de formes anatomiques cachées (et insoupçonnées), viennent s’inclure en double intimité (celle de tout un chacun + celle de l’artiste) à son journal photographique pour provoquer d’Etranges Rencontres . Un cache réel/irréel plane sur ses images jusqu’à nous faire douter de notre propre vision de nos quotidiens et voyages. Dans la série >Aéroport< Caroline encercle, codifie, ramifie : sommes nous cette cellule bleue, ce filament rouge, observant la transition et l’attente des uns et des autres . Caroline Crespin avec ses images hybrides livre son intimité dans un combat gracieux entre bruit, violence, strates et dérision. Notre position est d’osciller entre joie esthétique et souvenirs intimes. Ses images, où l’on perçoit l’amusement qu’elle a eut à les créer, se placent résolument dans un questionnement contemporain sur le vrai et le fictionnel. Les Etranges Rencontres de Caroline Crespin , au delà de leur impact visuel, raisonnent et critiquent sur la conception même de l’image.
Antonin Fourneau / " Sur internet et dans les jeux vidéo, un avatar est un personnage représentant un utilisateur . L’avatar peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie instantanée , ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéos." (source Wikipédia). Le travail d’Antonin Fourneau pourrait , dans une première approche, se définir à travers son avatar dont il va envahir la galerie et les vitrines des commerçants alentour. Cet avatar serait une vision de l’artiste dans et hors le circuit de l’art. Un portrait de lui-même à l’image du festival ENIAROF qu’il a créé, et à l’image de son rapport aux jeux vidéo et de leurs interfaces, qu’il n’hésite pas à prendre en référence, à détourner, à conserver comme une part non négligeable de notre culture. Il en fait ses propres story-boards en temps et images pour nous livrer des objets interactif (installation [R/R], des objets prêt à l’emploi (Kirigamibox – générateur de robot), des objets sculpture (morypad), des objets image (portraits lenticulaires), des objets miroir : Avatar Ato. L’avatar est une forme moderne du dédoublement et du recours à l’autre , la production d’Antonin Fourneau dépasse ce cadre car il la place dans le contexte de l’art contemporain (également très référencé) , en signifiant la création actuelle mais aussi en prenant le risque de faire émerger un nouvel art populaire.

- Caroline Crespin

- Antonin Fourneau
